Olivier Bourque
Argent

Même si le siège social d'Air Canada est à Montréal, le transporteur n'offre aucune liaison directe entre la métropole québécoise et l'Asie, l'Amérique du Sud et même des villes américaines comme San Francisco, déplore un chercheur de la Chaire de tourisme Transat de l'UQAM.

Même si le siège social d’Air Canada est à Montréal, le transporteur n’offre aucune liaison directe entre la métropole québécoise et l’Asie. Photo : Reuters

Les voyageurs en provenance de Montréal doivent donc faire davantage d'escales vers Toronto ou des villes américaines avec les complications que cela comporte. En comparaison, l'aéroport Pearson offre 63 liaisons directes vers l'Asie.

La faute incombe au transporteur Air Canada qui a favorisé la Ville-Reine au fil des années en l'instaurant comme plaque tournante, laissant Montréal avec le rôle ingrat de satellite, a dit le chercheur Michel Archambault en entrevue à la Chaîne Argent.

«Je constate qu'Air Canada ne participe pas à la croissance économique de Montréal, a-t-il dit. Beaucoup de gens ne veulent pas d'escale, surtout les gens d'affaires. Actuellement, il n'y a aucun lien direct, c'est déplorable.»

«Aussi, les gens qui transitent vers Toronto doivent payer une taxe, a dit M. Archambault. Ce n'est pas compliqué, ce sont des centaines de millions de dollars qui ont été laissés à l'aéroport Pearson.»

Ces liaisons sont nécessaires afin de permettre le développement des affaires dans des marchés qui explosent comme la Chine ou l'Amérique du Sud.

«L'Asie connaît une forte croissance économique et les vols vers ses destinations se font de plus en plus nombreux, a-t-il dit. En n'offrant pas de vols directs à partir de Montréal, Air Canada nuit à la croissance de la métropole.»

C'est également ce que pense Michel Nadeau, directeur général de l'Institut de la gouvernance.

«Il n'est pas normal que les voyageurs en provenance de Montréal n'aient pas ce type de vols directs. Il pourrait y avoir deux ou trois liaisons chaque semaine vers Tokyo ou Beijing par exemple», a-t-il affirmé.

Les voyageurs de ces marchés émergents sont aussi découragés de se rendre dans la métropole. «C'est dramatique, surtout lorsqu'on se rend compte que l'augmentation du nombre de touristes dans ces pays va doubler entre 2010 et 2025», selon le chercheur Archambault.

«Pour Montréal, c'est moins de touristes ou de visiteurs, mais aussi moins de gens d'affaires qui décident souvent d'installer leur congrès à Toronto en raison de l'accès plus facile», a renchéri M. Nadeau.

D'ailleurs, un homme d'affaires rencontré lundi à l'Aéroport de Montréal l'a confirmé.

«Mes collègues de Montréal doivent toujours faire une escale vers Toronto lorsque nous partons dans une conférence. Ce n'est pas tellement amusant pour eux», a-t-il témoigné.

Le PDG d'Air Canada, Calin Rovinescu, et celui d'Aéroports de Montréal, James Cherry, pourrait commenter la situation lors d'une activité publique prévue mardi.